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MINI JOHN-COOPER-WORKS (F56) (2015 - )

essai mini jcw 231 ch john cooper works f56
© L'AUTOMOBILE SPORTIVE (12/08/2016)

Rebelle huppée

Version ultime de la Mini sportive, la "JCW" revient sur la génération F56 pour proposer des performances dignes de la catégorie supérieure. Une particularité qu'elle facture toujours au prix fort malgré une concurrence plus féroce que jamais. Trop sûre d'elle la Mini ?

Texte : Sébastien DUPUIS - Photos : D.R.

La MINI réinventée par BMW en 2001 reste une recette à succès et chaque génération suit une logique désormais bien établie pour le perpétuer. Cette stratégie premium repose sur deux axes majeurs : un look unique et décalé doublé de performances au sommet de la catégorie. Ainsi, chaque modèle de la gamme se voit chapeauté par une version John Cooper Works, hommage au fondateur de la Cooper Car Company qui transforma la sage citadine en machine à gagner des courses. En attendant une hypothétique version GP pour la MINI 3 portes F56, c'est donc avec une nouvelle JCW forte de 231 ch que la plus chic des petites GTI entend maintenir sa suprématie...

PRESENTATION

mini john cooper works f56 2016 231 chechappement mini jcw f56 2016 231 ch

Subtilement virilisée, la MINI JCW se distingue de la Cooper S par son bouclier avant spécifique avec des grilles supplémentaires à la place des phares antibrouillard. Un point qui permet de la différencier également d'une Cooper S équipée du Pack John Cooper Works optionnel. Ajoutons aussi que la JCW n'existe qu'en 3 portes. En regardant plus en détail, on remarquera les étriers de frein rouge, la double sortie d'échappement en inox ou encore les bas de caisse, bouclier arrière et aileron remodelés. Le tout est signé de logos John Cooper Works sur chaque face.

Mais pour avoir un look sportif intégral il faudra passer par quelques mesquineries, selon un principe bien rôdé du côté allemand. Entre autres les bandes de capot coûtent 130 €, les vitres arrières surteintées 300 €, la suppression de quelques chromes 110 € et les jantes 18" Cup au lieu des petites 17" de série réclament une autre rallonge budgétaire de 850 €. En dehors du « Chili Red » de notre modèle d'essai et du « Pepper white », tous les coloris sont également payants.

HABITACLE

interieur mini jcw f56 231 chbaquets mini jcw 2015 f56 231 ch

Affirmant un caractère autant sportif que bourgeois, la dotation de base de la MINI JCW 231 est heureusement digne de son statut de premium. Elle comprend d'origine les phares à LEDs, la climatisation automatique bizone, le volant multifonctions, le régulateur de vitesse actif, des tapis de sol en velours et des sièges baquets spécifiques John Cooper Works avec appuie-tête intégrés très enveloppants.

Pour le reste, n'attendez pas grand chose de plus qu'à bord d'une Cooper S, ce qui est déjà très suffisant pour une personne qui se focalisera plus sur la conduite que les gadgets électroniques. Outre les divers logos JCW et l'instrumentation relookée, la finition figure toujours parmi les références de la catégorie, de même que la position de conduite. Par ailleurs, grâce aux dimensions supérieures de la génération F56, l'espace a été accru aussi bien à l'avant qu'à l'arrière où le coffre propose enfin un volume acceptable avec ses 211 litres.

Trois packs d'options sont également disponibles pour transformer la petite GTI en véritable cocon de luxe : le PACK HIGH-TECH à 1050 € (Détecteur de pluie et allumage automatique des phares, affichage tête haute, radar anti-collision), le PACK CONNECTED XL à 1900 € (Accoudoir central avant inclinable en 4 positions, caméra de recul et radars de stationnement arrière, système de navigation avec écran XL 8,8" et touch pad) et enfin le PACK JCW EXCLUSIVE DESIGN à 2650 € comprenant notamment la sellerie mixte tissu/simili cuir et les jantes 18". Tant et si bien que la liste conséquente d'accessoires et options de personnalisation peut rapidement faire grimper la note au-delà des 40.000 € comme sur le modèle présenté ici ! A moins d'être totalement "Mini addict", à ces niveaux de prix on pourrait aussi être tenté de regarder dans la catégorie des compactes...

CARACTERISTIQUES


MINI JOHN-COOPER-WORKS (F56)
moteur mini f56 cooper works 2.0 231 ch
MOTEUR
Type : 4 cylindres en ligne, 16 soupapes
Position : transversal AV
Alimentation : gestion électronique MED 17.2.2 + turbocompresseur Twin-Scroll Borg-Warner (1,3 bar) avec échangeur air/air
Cylindrée (cm3) : 1998
Alésage x course (mm) : 82,0 x 94,6
Puissance maxi (ch à tr/mn) : 231 de 5200 à 6000
Couple maxi (Nm à tr/mn) : 320 de 1250 à 4750
TRANSMISSION
AV (autobloquant DTC)
Boîte de vitesses (rapports) : manuelle (6)
POIDS
Données constructeur DIN à vide (kg) : 1205
Rapport poids/puissance (kg/ch) : 5,2
ROUES
Freins Av-Ar (ø mm) : Disques ventilés (NC) - disques (NC) + ABS
Pneus Av-Ar : 205/45 R17 91V RSC (Dunlop Sportmaxx RT)
PERFORMANCES
Vitesse maxi (km/h) : 246
400 m DA : ND
0 à 100 km/h : 6"3
80 à 120 km/h en 5ème : 5"6
CONSOMMATION
Moyenne ECE (L/100 Km) : 6.7
Moyenne de l'essai (L/100 Km) : 8.7
CO2 (g/Km) : 147
PRIX NEUF (08/2016) : 32.750 €
PUISSANCE FISCALE : 10 CV


MOTEUR

Moteur le plus puissant jamais monté dans un modèle de série de la marque britannique, le quatre cylindres turbo de 2,0 litres qui loge sous le capot de la John Cooper Works délivre 231 ch, soit exactement la même puissance que l'Audi S1. Drôle de hasard n'est-ce pas ?

Développé à partir de celui de la Cooper S, ce moteur très high-tech est notamment doté d'un turbo plus musclé. Intégré dans le collecteur d'échappement, il permet de réduire la course du flux des gaz et d'obtenir un moteur plus réactif avec un temps de réponse quasiment imperceptible. A cela, les motoristes de BMW ont ajouté une injection directe, une commande variable des soupapes VALVETRONIC et un système de calage variable des arbres à cames d'admission et d'échappement (double VANOS). Par rapport à la précédente JCW (R56), ce n'est pas tant l'augmentation de la puissance (+10%) que celle du couple (+23%) qui interpelle. On dispose en effet désormais de 320 Nm, en continu de 1250 à 4750 tr/mn.

En conséquence, inutile de dire que ce 2.0L se montre particulièrement plein à l'usage ! Vigoureux et réactif, il participe directement au plaisir de conduire avec la sensation unique d'un gros moteur posé dans une petite caisse. Pour autant, il n'est pas spécialement sportif dans l'âme, loin des valeurs records sur ce type de bloc. Ainsi la pleine puissance est obtenue dès 5200 tr/mn et se maintient jusqu'à 6000 avant que la gestion ne coupe tout à 6500. Il en résulte un caractère musclé mais très linéaire. Malgré un discours marketing pompeux qui voudrait nous vendre une Mini échappée des circuits, ce n'est pas mentir que de parler de mécanique pour bon père de famille puisqu'on la retrouve sous le capot du monospace BMW Active Tourer 25i.

Reste que dans la MINI ses prestations sont très efficaces et que la ligne d'échappement John Cooper Works redonne de la voix (et quelques flatulences !) à ce moteur un peu trop bien élevé. En mode Sport la JCW retrouve ce petit côté bad girl des beaux quartiers qui caractérisait les précédentes générations. Un double visage permis par la ligne à clapets actifs qui donne ainsi le choix du volume sonore selon le mode de conduite choisi.

Désormais livrée en série, la boîte manuelle à 6 rapports de la John Cooper Works donne pleine satisfaction par son guidage très précis et ses débattements courts. Imposée au lancement, la boîte Steptronic à 6 rapports et palettes au volant est celle qui offre les meilleurs chiffres, autant pour les chronos que le Co2 : de 0 à 100 km/h en 6,1 secondes (0,2 secondes de moins) et 133 g/km (contre 147g), compensant ainsi une partie du surcoût par un moindre malus fiscal et une consommation (encore) plus sobre.

SUR LA ROUTE

essai mini f56 jcw 231

Contrairement à la Peugeot 208 GTI bPS et l'Opel Corsa OPC, pourtant moins puissantes, la MINI JCW se passe d'autobloquant mécanique. Elle lui préfère un autobloquant électronique (EDLC) - autrement dit un antipatinage évolué - fonction assumée par l'ESP comme sur les Renault Clio 4 RS 200 et RS 220 Trophy. Comme elle ne dispose évidemment pas non plus des 2 roues motrices de secours de l'Audi S1, à la lecture de la fiche technique on s'inquiète donc de savoir comment vont passer proprement au sol les 320 Nm du gros 2.0L...

En pratique, la réponse vient assez vite et c'est moins pire qu'on pouvait le craindre. Les enchainements de virages sont avalés proprement et la cavalerie est jugulée par l'électronique, évitant de se vautrer dans un sous-virage honteux pour le pilote. Pouvant compter sur des gommes accrocheuses on profite d'une direction plutôt directe et d'un poids contenu qui favorise le fameux comportement de karting. Vivante et même un peu joueuse de l'arrière, la Cooper Works donne le sourire à mesure que les virages défilent - et sans jamais se faire peur avec les divers garde-fous embarqués (DSC et DTC) - malgré une petite perte de feeling.

Mais, comme c'est toujours le cas avec les autobloquants électroniques, le problème est qu'au terme d'un usage très intensif, les jolis étriers Brembo à 4 pistons finissent par accuser le coup et perdre de leur mordant. Dommage, car celui-ci est plus convaincant que sur la Cooper S qui nous avait déçus sur ce point. Pas d'inquiétude inutile cependant, pour la majorité des acheteurs cela devrait se montrer suffisant en endurance. Et pour les autres, ceux qui iront s'aventurer sur circuit, le tout est de le savoir...

Légèrement raffermie par rapport aux Cooper, la John Cooper Works reçoit une suspension dite Sport judicieusement calibrée. Atténuant l'impression molassonne des autres versions, elle ne va pas non plus jusqu'aux excès du passé qui rendaient la MINI franchement inconfortable sur mauvaise route. Pour ceux qui veulent le beurre et l'argent du beurre, il y a (évidemment) une option pour ça : la suspension active. Plus confortable en mode Mid et Green et plus ferme en mode Sport, à "seulement" 550 € ce serait presque dommage de s'en priver.

CONCLUSION

:-)
Toujours aussi exclusive !
Finition
Position de conduite
Moteur efficace
Polyvalence en hausse
Toujours ludique...
:-(
... mais moins émotionnelle
Autobloquant électronique
Tarifs et options

Si vous trouvez la Cooper S un peu trop tendre, la MINI JCW solutionne en grande partie le problème, moyennant un sérieux effort budgétaire. Et sans aller jusqu'à jouer les pistardes, elle propose encore la polyvalence d'une vraie GTI utilisable au quotidien. Mais entre une 208 Peugeot Sport aux griffes bien auguisées et une Audi S1 à l'efficacité redoutable, la reine semble vaciller sur son trône...

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>Voir la galerie photos MINI F56 JCW



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