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Interview de Robert Bonetto (Alpine Cars) : A110, crossover, électrique, ...

30/08/2021

Interview de Robert Bonetto (Alpine Cars) : A110, crossover, électrique, ...

 En février 2020, Robert Bonetto a pris la tête de Renault Sport Cars. C'est le 1er mai de cette année que la réorganisation est officiellement publiée : Alpine, sous la présidence de Laurent Rossi, regroupe plusieurs entités, dont Alpine Cars dédiée aux véhicules routiers. Robert Bonetto est alors nommé Directeur Performance Produit et Ingénierie.

Afin de faire le point sur le présent, mais aussi d'évoquer l'avenir de ce constructeur mythique particulièrement bien représenté dans notre guide d'achat, il a accepté de nous accorder cette interview exclusive. Nous le remercions, ainsi que la Communication d'Alpine Cars.

L'Automobile Sportive : M. Bonetto, pouvez-vous décrire la réorganisation opérée, et parler plus particulièrement d'Alpine Cars ?
Robert Bonetto : La réorganisation fut annoncée par Luca De Meo. Nous avons créé une nouvelle entité Alpine qui doit combiner toute l’excellence technologique, la passion que nous avons pour la course et les voitures performantes, pour faire des voitures sportives, authentiques, exclusives. Cette nouvelle entité Alpine regroupe toutes les activités sportives du groupe. Nous écrivons un nouveau chapitre de la marque Alpine et qui va combiner l’expertise que nous avons à l’intérieur de l’équipe RSC (Renault Sport Cars) avec l’usine de production de Dieppe et la Formule 1. La proximité entre les équipes des Ulis et les équipes de la F1 – que ce soit à Viry (France) ou à Enstone (Royaume-Uni) sera facilitée et cela va nous permettre d’être encore plus à l’avant-garde du groupe Renault.
Le rôle qui nous a été assigné pour Alpine est de tirer la technologie du groupe Renault en développant la nouvelle gamme 100% électrique et, en particulier, ce que nous avons appelé le « Dream Garage », les trois nouvelles voitures 100% électrique qui vont permettre de répondre à des usages assez différents de la sportive urbaine, la voiture pour les familles avec un usage polyvalent et la voiture de sport pour se faire plaisir le weekend. C’est une nouvelle mission qui est donnée aux équipes des Ulis, une mission qui est très motivante car nous écrivons un nouveau chapitre de l’histoire de cette marque fabuleuse qu’est Alpine.
Concrètement, nous changeons de nom pour nous inscrire dans cette nouvelle entité qui est la Business Unit Alpine et contribuer à écrire cette nouvelle histoire Alpine en rassemblant la passion, la compétence, l’expertise des équipes des Ulis avec l’ensemble des entités qui sont dans cette nouvelle BU.
Et, bien entendu, nous continuons à assurer le support et notre activité sur Renault Sport comme c’était avant.

AS : La seconde thématique se focalise sur l’A110. Pouvez-vous confirmer la date de fin du produit et définir l’animation produit qui ira jusqu’à son terme ?
RB : L’A110 est un produit reconnu pour ses qualités, que ce soient par les clients, par la presse. Mais, pour nous, c’est un produit qui n’a pas encore atteint tout son potentiel et qui peut encore développer sa notoriété. Nous savons, par exemple, que l’engagement d’Alpine en F1 va y contribuer et nous voyons cette année, d’ailleurs, un fort développement des ventes. Nous avons eu plus de 1 500 commandes sur ce premier semestre. C’est une voiture qui marche de mieux en mieux et notre but est de continuer à l’animer et à la commercialiser tant que nous avons des clients qui souhaitent l’acheter et, surtout, tant que les normes vont nous permettre de la commercialiser.
La fin de vie n’est pas encore fixée. Nous travaillons pour vendre cette voiture le plus longtemps possible.

AS : Par rapport aux ventes qui s’améliorent, est-ce que regain demeure très franco-français ou bien provient-il essentiellement de l’étranger ?
RB : L’essentiel des ventes est toujours sur le marché français, c’est toujours notre premier marché significativement. Mais nous avons une augmentation à l’étranger qui est un signe intéressant. Donc oui, nous nous développons sur les marchés étrangers, mais avec toujours une prédominance française.
Ensuite, vous me demandiez les évolutions. Je ne peux pas vous donner le plan gamme. En revanche, ce que je peux vous dire est que nous sommes à l’écoute de nos clients, c’est l’intérêt d’être une petite entité : la proximité aussi bien directement avec les clients lors d’événements tels que La Piste Bleue qu’avec les réseaux sociaux. Nous connaissons bien nos clients et leurs attentes. Vous savez que nos équipes ont une grande expertise et une grande créativité donc nous allons nous attacher à apporter des évolutions qui seront intéressantes pour eux dans les années à venir.
La voiture continuera à évoluer !

AS : Faut-il s’attendre à des produits Renault sous la finition Alpine Line ou bien n'est-ce pas encore acté ?
RB : C’est une question qui est, pour moi, plus délicate car Renault Sport Cars est devenue Alpine Cars. Nous sommes responsables des produits de marque Alpine donc tout ce qui est sous la marque Renault n’est pas de notre responsabilité. Je ne pourrai pas vous répondre sur ce point.

AS : Que pouvez-vous déjà dire sur le partenariat avec Lotus Cars ? Y a-t-il des prérogatives propres à chaque marque ?
RB : Avec Lotus, vous le savez, nous partageons des valeurs importantes comme l’agilité, la légèreté, la sportivité. Et nous voulons faire des voitures sportives électriques 2 places et cela nous permet de très intéressantes synergies sur les composants de la voiture et, en particulier, sur la plateforme qui est un élément clé.
Après, chaque marque a son propre cahier des charges produit. Ces cahiers des charges sont là pour garantir les fondamentaux de la marque. En particulier, nous mettons dedans tous les gènes de plaisir, de sensations, d’élégance, de sportivité qui sont les éléments aujourd’hui qui font le succès d’une A110. Nous avons des retours sur l’A110 que nous voulons absolument garder sur la prochaine génération. Nous avons certes identifié de bonnes synergies, mais nous sommes très vigilants à garantir pour chacun des deux côtés les ADN de chacune des marques. Nous sommes confiants d’arriver à le faire ensemble.

AS : Mais le contexte sanitaire n’est-il pas trop problématique ?
RB : Nous avons dû tous nous adapter. Aussi bien les gens en interne de l’entreprise que Lotus. Finalement, tout ce que nous avons vécu depuis un an nous a appris à travailler avec de nouveaux moyens nous permettant de travailler tout en étant physiquement distants. Le travail que nous faisons aujourd’hui avec Lotus est finalement probablement moins difficile que ce que nous avons pu connaître avant grâce aux moyens développés pour travailler à distance.

AS : Que pouvez-vous nous dire au sujet du crossover ? Concrètement, quand peut-on espérer le voir ?
RB : Le Dream Garage est à l’horizon 2025. Le crossover en fait partie. Il va capitaliser sur le savoir-faire du groupe puisqu’il va utiliser la plateforme CMF-EV, une plateforme annoncée par Nissan et qui bénéficiera à d’autres produits chez Renault.
C’est une plateforme de nouvelle génération, intéressante, grâce au travail effectué sur la légèreté avec beaucoup d’aluminium. Elle est revendiquée comme étant légère, pour une plateforme électrique. Bien sûr, nous allons nous appuyer sur les synergies avec la Formule Un et nous travaillons avec le site d’Enstone. En particulier avec tout ce qui a trait avec l’aérodynamique et la gestion de l’énergie, des points qui sont clés sur la F1 et sur lesquels nous voulons faire une percée sur cette nouvelle voiture.
Ce produit a pour but, pour nous, d’être le porte-drapeau de la marque Alpine et de tirer tout le groupe Renault par sa technologie. Il y a notamment la répartition du couple actif (le Torque Vectoring) qui va nous permettre d’avoir un véhicule avec beaucoup de dynamisme, très agile et qui donne une sensation de légèreté au pilotage malgré le poids de la batterie qui est un élément incontournable sur une voiture électrique, en particulier sur un véhicule que l’on veut polyvalent. Mais grâce au savoir-faire des équipes de liaisons au sol, nous sommes très confiants pour avoir une voiture qui respecte notre ADN sur la légèreté, l’agilité et la sensation.
Je peux vous dire que la semaine dernière (l’entretien a été réalisé le 29 juillet), j’ai organisé des essais d’un premier mulet à Aubevoye pour des membres du Board de Renault, et les gens qui ont pu essayer ce mulet sont ressortis avec la banane jusqu’aux oreilles ! C’est vraiment génial à conduire, nous avons là un très bon produit.

AS : Est-ce trop tôt pour avoir un ordre d’idée de la masse de la voiture ?
RB : Oui, c’est trop tôt pour entrer dans le détail des caractéristiques. Mais ce qui est encore plus important que le poids, ce sont vraiment les sensations que la voiture va générer et qui ont vraiment un lien avec notre ADN.
Nous avons fait le mulet pour ça, pour vérifier que nous arriverions bien à faire une voiture, même si elle est plus grosse même si elle est plus lourde que ce que nous faisons aujourd’hui qui, vraiment, respecte l’ADN de la marque.

AS : Et plus globalement, l'avenir d'Alpine Cars étant 100% électrique, l’autonomie est un point crucial s’agissant de produits à vocation sportive et c’est ce qui inquiète actuellement les passionnés d’Alpine. Comment pouvez-vous les rassurer ?
RB : L’autonomie est effectivement un facteur très important pour l’usage de la voiture électrique. Sur nos produits polyvalents, nous nous attelons à avoir une autonomie qui permette un usage autoroutier. Mais, plus que l’autonomie, un second point que nous allons travailler est la récupération rapide de l’autonomie. C’est-à-dire des voitures qui permettent des recharges très rapides. Notre but est d’être au meilleur niveau du marché sur ces prestations.
Après, sur la voiture électrique, je pense que c’est une grosse interrogation pour beaucoup de passionnés. On remarque que les gens qui ont roulé des voitures électriques comprennent que c’est une nouvelle expérience automobile. On arrive à avoir des sensations, du plaisir, au volant d’une voiture électrique et la plupart des clients qui ont touché à la mobilité électrique ne veulent pas revenir au moteur thermique.
C’est une nouvelle expérience qui apporte beaucoup de sensations même si elles sont différentes, beaucoup de plaisir, et surtout qui apporte tout ça sans culpabilité vis-à-vis de la planète. C’est une nouvelle ère qui commence et à travers l’expérience que nous avons aux Ulis et nos synergies avec la Formule Un, je pense que nous sommes très bien placés pour faire des voitures électriques qui soient au meilleur niveau de sensations, de plaisir et d’agrément. Nous avons toutes les compétences pour le faire.
Nos premiers essais montrent que nous pouvons vraiment faire quelque chose d’exceptionnel.

Interview réalisée par Maxime Joly, auteur de trois livres Renault Sport (La loi de la traction, Les virages dans la peau et Les extraordinaires), travaillant actuellement sur l’écriture du prochain ouvrage consacré à l’intégralité de l’histoire d’Alpine. Le site officiel de la trilogie R.S. : www.meganers-lelivre.com

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